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La Grande Traversée des Volcans d’Auvergne : 210 km de randonnée itinérante en 11 jours

Bérengère Laroque-Montlaur 8 min de lecture
La traversée des volcans d auvergne : sac, sentier et crêtes volcaniques

La Grande Traversée des Volcans d’Auvergne est une randonnée itinérante qui relie les grands ensembles volcaniques du Massif central, du Puy-de-Dôme au Cantal. Avec environ 210 km et 11 jours de marche, elle s’adresse aux randonneurs capables d’enchaîner des journées soutenues, tout en offrant une traversée de la Chaîne des Puys, du Sancy, du Cézallier, de l’Artense et des Monts du Cantal.

Un itinéraire volcanique entre Puy-de-Dôme et Cantal

La traversée suit une logique simple : avancer du nord au sud à travers les principaux reliefs volcaniques de l’Auvergne. Elle démarre dans l’univers de la Chaîne des Puys, près de Clermont-Ferrand et de Chamalières, puis rejoint les hauts plateaux, les lacs d’origine volcanique, les estives et les crêtes plus larges du Cantal.

La traversée des volcans d Auvergne sur les reliefs volcaniques du Massif central
La traversée des volcans d Auvergne sur les reliefs volcaniques du Massif central

Le parcours traverse plusieurs formes de volcanisme, avec des cônes stromboliens, des puys arrondis, des stratovolcans, des vallées glaciaires, des tourbières et des plateaux ouverts. Le Puy de Dôme, à 1465 m, marque l’un des premiers repères du parcours. Plus au sud, le Puy de Sancy atteint 1886 m, point culminant du Massif central, tandis que le Puy Mary, à 1783 m, et le Plomb du Cantal, à 1855 m, donnent une ampleur plus alpine à la fin de l’itinérance.

Ce qui fait l’intérêt de cette traversée

L’intérêt de la randonnée tient à la continuité du tracé. Beaucoup de marcheurs connaissent un sommet, un lac ou une station, mais la traversée relie ces lieux en une seule ligne de marche. On passe ainsi de la faille de Limagne aux reliefs du Sancy, puis aux étendues plus silencieuses du Cézallier et de l’Artense, avant de rejoindre les grands volumes du Cantal.

La dimension géologique compte autant que le reste. Marcher plusieurs jours sur ces reliefs oblige à regarder le terrain autrement, comme une succession de couches, de ruptures et d’anciens mouvements souterrains. Une montée raide, un col herbeux ou un lac circulaire deviennent des repères de lecture. Cette attention aide aussi à doser l’effort, car les formes volcaniques alternent pentes courtes mais franches, plateaux exposés au vent et descentes parfois longues sur terrain pierreux.

Distance, durée et niveau réel : à quoi s’attendre

Le format de référence est une itinérance de 210 km en 11 jours. Cela représente souvent entre 4h15 et plus de 6h de marche quotidienne, sans compter les pauses, la météo, la fatigue accumulée et le poids du sac. Le niveau ne se réduit donc pas à la distance moyenne : l’enchaînement, les dénivelés et l’exposition de certains plateaux rendent la préparation indispensable.

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Pour quel profil de randonneur ?

La traversée convient aux marcheurs déjà habitués à des journées complètes de randonnée. Il n’est pas nécessaire d’être traileur ou alpiniste, mais il faut pouvoir marcher plusieurs jours d’affilée avec régularité. Les personnes qui randonnent surtout à la journée gagneront à tester un week-end de deux ou trois jours avec sac chargé avant de s’engager sur l’ensemble du parcours.

Le choix entre autonomie, hébergements réservés, transport de bagages ou séjour accompagné change fortement l’expérience. Avec un portage complet, l’effort devient plus engagé. Avec un transport de bagages et des nuits en gîte ou en demi-pension, la marche reste soutenue mais plus confortable. Une formule avec guide convient aussi à ceux qui veulent se concentrer sur le relief, la sécurité et la découverte du patrimoine naturel.

Quand partir ?

La période la plus favorable s’étend d’avril à octobre, avec une vigilance particulière sur la météo. En début de saison, les hauteurs peuvent rester fraîches, humides ou ponctuellement enneigées selon les conditions. En été, l’itinéraire est plus accessible, mais certains secteurs de plateau offrent peu d’ombre et peuvent être exposés au vent ou aux orages. L’automne, souvent lumineux, demande des journées bien anticipées car la durée d’ensoleillement diminue.

Les 11 étapes : un découpage pour se projeter

Le découpage ci-dessous donne une vision concrète du rythme de marche. Les distances et durées restent indicatives : elles dépendent du sens de parcours, des variantes, du niveau du groupe et des hébergements disponibles. Elles permettent toutefois de comprendre l’engagement global de l’itinérance.

Étape Parcours indicatif Distance Durée
1 Chamalières ou Clermont-Ferrand vers Laschamps 14,9 km 4h30
2 Laschamps vers le lac de Servières 20,9 km 6h00
3 Lac de Servières vers Le Mont-Dore 21,5 km 6h15
4 Le Mont-Dore vers Chareire 19,4 km 6h00
5 Chareire vers Égliseneuve d’Entraigues 21,9 km Variable
6 Égliseneuve d’Entraigues vers Lugarde 24,5 km 6h00
7 Lugarde vers Dienne 21,1 km 5h30
8 Dienne vers Le Claux 15,6 km 4h15
9 Le Claux vers Le Falgoux 12,3 km 3h30
10 Le Falgoux vers Le Fau 17,2 km 5h10
11 Le Fau vers Le Lioran 20,7 km 6h20

Les étapes les plus longues ne sont pas forcément les plus difficiles sur le papier. Une journée plus courte peut devenir exigeante si elle comporte une forte montée, une descente technique ou une météo défavorable. À l’inverse, certains tronçons de plateau se marchent bien, mais demandent une bonne gestion de l’orientation et de l’eau.

Massifs traversés et points forts du parcours

La richesse de l’itinéraire vient de la variété des ambiances. La Chaîne des Puys offre un décor immédiatement lisible, avec ses cônes volcaniques alignés et la faille de Limagne inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est une entrée en matière très visuelle, idéale pour comprendre le caractère volcanique du parcours.

Du Sancy aux plateaux ouverts

Le secteur du Sancy apporte davantage de relief, avec des vallées marquées, des crêtes, des lacs et une sensation de montagne plus prononcée. Autour du Mont-Dore, de Chareire ou de Besse-en-Chandesse, les étapes combinent patrimoine de village, paysages d’altitude et points de vue étendus.

Plus loin, le Cézallier et l’Artense changent le rythme. Les horizons s’élargissent, les estives dominent, les tourbières et les plateaux granitiques imposent une marche plus posée. C’est souvent là que l’itinérance prend tout son sens : le marcheur quitte la logique du sommet pour entrer dans celle de la traversée.

Les Monts du Cantal en final

Les Monts du Cantal offrent une conclusion puissante, avec des reliefs issus d’un ancien stratovolcan. Le Puy Mary, le Plomb du Cantal et les vallées profondes donnent au parcours un final ample et exigeant. Les arrivées vers Le Lioran facilitent aussi l’organisation du retour, grâce à une meilleure connexion aux transports que certains secteurs intermédiaires.

Préparer la logistique sans sous-estimer le terrain

Une traversée réussie se joue souvent avant le départ. Le premier réflexe consiste à réunir les bons supports : topocarte spécifique, trace GPX, liste d’hébergements, informations de transport et variantes éventuelles. La carte au 1:60 000, proposée à 12,90 €, aide à visualiser l’ensemble du tracé, même si un GPS ou une application de randonnée reste utile sur le terrain.

Hébergements, bagages et autonomie

Les nuits peuvent s’organiser en gîtes d’étape, chambres d’hôtes, hôtels ou hébergements partenaires selon les secteurs. Il est préférable de réserver, surtout en période de forte fréquentation ou dans les zones où l’offre est limitée. Les services de transport de bagages permettent de réduire la charge quotidienne, tandis que le transport de personnes peut faciliter l’accès au point de départ ou le retour depuis l’arrivée.

Le bivouac demande une attention particulière. Dans les espaces sensibles du Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne, il est encadré par la réglementation, et le camping sauvage est interdit. Avant de planter une tente, il faut vérifier les règles locales, respecter les zones autorisées, arriver tard, repartir tôt et ne laisser aucune trace. Cette prudence protège les milieux fragiles autant qu’elle évite les mauvaises surprises.

Formule accompagnée ou départ en autonomie ?

La formule accompagnée convient aux randonneurs qui veulent déléguer une partie de l’organisation : itinéraire jour par jour, hébergements, repas, transport de bagages et encadrement par un guide. Certaines offres affichent des avis clients, par exemple une note de 4,6/5 sur 76 notes, et des séjours autour de 860 € selon les prestations incluses. L’autonomie, elle, offre davantage de liberté, mais impose de gérer la météo, les réservations, l’orientation et les imprévus.

Le bon choix dépend surtout de l’expérience. Si vous avez déjà pratiqué la randonnée longue distance, une préparation rigoureuse avec topocarte, GPX et hébergements réservés peut suffire. Si c’est votre première grande itinérance, l’accompagnement ou le transport de bagages peut transformer l’aventure en expérience maîtrisée, sans retirer l’intensité de la marche.

Bérengère Laroque-Montlaur

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